Eh, camarade de la CGT, t’en dis quoi ?

Publié le 23 juin 2016 |
syndicalisme | Loi Travail

“Depuis le début du mouvement nous remarquons que de plus en plus de travailleurs syndiqués gagnent à leur tour la tête des manifs (à Paris et dans d’autres villes) aux côtés de ceux que les médias appellent les « casseurs ».”

« Reeeetraiiiiit ! » Voilà l’un des slogans que l’on entend en boucle depuis plusieurs semaines dans les manifs. Oui mais voilà, on notera que le 17 juin dernier, Philippe Martinez est allé rencontrer la ministre El Khomri et lui a soumis des propositions de modification de la loi (consultables sur le site internet de la CGT).

Pourquoi proposer dans les bureaux feutrés du gouvernement des amendements à un texte qu’on prétend refuser dans la rue ? Nous sommes un certain nombre à ne pas comprendre cette subtilité.

Lorsque Philippe Martinez déclare que la balle est dans le camp du gouvernement il sait de quoi il parle puisqu’il ne cesse de revoir les revendications de son syndicat à la baisse ! En réalité il est bien emmerdé que Valls et Hollande s’enferment dans une posture autoritaire, cela ne rend ses reculades que plus flagrantes ! La dernière en date à l’heure où nous écrivons ce texte étant son acceptation, avec le reste de l’intersyndicale, du tracé de manifestation ridiculement court concédé finalement par le gouvernement pour le jeudi 23 juin à Paris.

Nous savons qu’au sein de la CGT cohabitent différentes tendances, mais aussi beaucoup de travailleurs qui ont pris leur carte dans ce syndicat pour se défendre en cas de conflit avec leur employeur ou pour son image combative. Nous savons aussi que beaucoup n’y sont pas, ou plus, par craintes de magouilles bureaucratiques.

Depuis le début du mouvement nous remarquons que de plus en plus de travailleurs syndiqués gagnent à leur tour la tête des manifs (à Paris et dans d’autres villes) aux côtés de ceux que les médias appellent les « casseurs ». Des cortèges qui sont de plus en plus offensifs et rassembleurs. Si ce n’est pas encore déjà fait, va donc y faire un tour. Effectivement certains y cassent les vitrines des banques, des assurances et des grandes chaînes commerciales qui nous volent et nous exploitent quotidiennement. Et alors ? On va les pleurer ? Dans le cortège de tête ceux qui ne cassent pas les vitrines applaudissent lorsqu’elles tombent.

De leur côté les flics font leur boulot, ils matraquent et éborgnent au hasard faisant peu à peu prendre conscience à la population que lutter pour ses intérêts mène inévitablement à la confrontation. Martinez, encore lui, que dit-il de tout cela ? Il demande plus de répression et rejoint sans le nommer le syndicat de policiers d’extrême-droite Alliance !

Alors toi, camarade de la CGT, toi qu’on croise dans les manifs ou sur les blocages, qu’est-ce que tu en dis ? Et dans ton syndicat ? Vous allez sans doute régler ça un jour dans un congrès, d’accord, mais en attendant ? Ce gars, Martinez, parle et agit tout de même en votre nom, voire même au nom de tout le mouvement. Si certains syndicats, UL ou UD lui rappelaient publiquement qu’ils sont là, et pas d’accord du tout pour reculer ça serait pas mal, non ?

Des vauriens
vauriens@laposte.net
tract-eh_camarade_cgt.pdf

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