ÉTAT D URGENCE URGENCE AUSSI A CHANGER LES PRATIQUES MILITANTES

Un tract sur l’état d’urgence

mardi 19 janvier 2016, par admi2

ÉTAT D URGENCE URGENCE AUSSI A CHANGER LES PRATIQUES MILITANTES

Depuis les attentats-massacres très bien exploités par l’état et ses sbires de la police, nombre de manifestants et/ou de militants se sont retrouvés mis en garde à vue ou assignés à résidence, tandis que les habitants des quartiers populaires subissent un cran de plus dans le harcèlement policier ordinaire en vigueur depuis de très nombreuses années. Avec l’instauration de l’état d urgence et sa probable prolongation au travers de la révision de la constitution qui inclura les principales mesures du renforcement des pouvoirs de l’administration et de la police, c est un saut vers un inconnu pour la plupart de ceux et celles qui veulent changer ce monde.

Les dérives sécuritaires et liberticides sont à l’oeuvre depuis de nombreuses années : multiples lois antiterroristes, interdictions de manifestations, lois de surveillance de masse, utilisation de plus en plus fréquente pour réprimer d’armes dites non létales mais qui en fait peuvent estropier, éborgner. Les quartiers sont la cible depuis d’aussi nombreuses années d’une politique de stigmatisation, de harcèlement, parfois accompagnée de meurtres policiers contre les populations pauvres et souvent racisées. Mais il faut prendre la mesure de ce qui est en train de se passer : un palier a été franchi qui nous fait basculer dans un état d’exception permanent.

Certes, la France a connu des périodes de répression encore plus fortes qu’aujourd’hui, par exemple en mai 68 ou pendant la guerre d’Algérie, guerre qui s’est accompagnée en métropole de brutalités policières pouvant aller jusqu’à des massacres de masse comme le 17 octobre 61, et de la condamnation à mort et exécution de révolutionnaires algériens et militants anticolonialistes solidaires de la cause de la libération des peuples. Cependant, ce qui caractérise notre époque, contrairement aux exemples cités, c est qu’il ne s’agit pas de la riposte à des contestations de masse, et surtout que l’immense majorité de la population aujourd’hui adhère ou ne s oppose pas à cette montée de la répression et du tout sécuritaire . Dire cela ne veut pas dire que la population ici est seulement composée de pauvres crétins, mais quelle est anesthésiée par les
nombreuses défaites subies depuis de nombreuses années. Comme aucun discours et surtout aucune pratique audible ne viennent contrebalancer le discours sécuritaire et de peur véhiculé par les gouvernements et media de masse, se rassurer comme on peut par la présence acceptée des flics et militaires en tout genre est malheureusement un réflexe compréhensible.

Au delà des attentats massacres du 13 novembre , ce que l’on constate aujourd’hui dans une grande partie des états européens et occidentaux, attentats ou pas, c est la montée en puissance de mesures liberticides et de la répression contre les mouvements sociaux. En France, les attentats du 13 novembre ont été une aubaine pour museler le mouvement social et les mobilisations contre la cop21 qui s’annonçaient difficiles à gérer pour le pouvoir en place qui voulait absolument faire de cette conférence spectacle un succès en terme de communication .

Alors que faire aujourd’hui ? Se replier dans ses organisations ou ses groupes affinitaires en ce disant que les mauvais jours finiront ? Se dire que c est un mauvais moment à passer et que finalement cela pourrait être pire encore ? Que la répression de la part de l’état c’est normal,et donc rien de nouveau sous le soleil ? En fait ce serait ne pas prendre la mesure de ce qui est train de ce passer .

Au contraire, il faut se dire qu il n’a jamais été aussi urgent de reprendre le chemin de la lutte , se dire que les convergences dans les luttes ne doivent pas être que des voeux pieux pour militants en mal de slogan. Le besoin d’unité dans les luttes et les contestations de l’ordre bourgeois doivent être une pratique permanente. Unité ne veut pas dire absence de conflit, mais ne nous trompons pas d’ennemi. Reprenons la contestation sous toutes ses formes, pour recrédibiliser un discours et des pratiques qui montreront à la population endormie aujourd’hui qu il y a une autre alternative que subir la société immonde dans laquelle le capitalisme nous a plongée. En somme, contestons tout ce qui nous opprime, agissons avec plus de fraternité, sans solidarité sélective.

Groupe OCL Paris

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