Justice coup de poing, justice au point mort

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Voir aussi le site : http://22fevrier2015.jimdo.com/


Pendant une semaine, du 16 au 22 février, nous avons débattu tous les soirs, dans des salles pleines à craquer, des politiques d’État envers les migrants, les prisonniers, de la stratégie de la peur, des contrôles au faciès, de l’armement de la police, de la répression en Espagne. Nous avons partagé des repas préparés ensemble, écouté des comédiens lire des textes poétiques. Nous avons débattu avec les blessés par la police, militants, supporters de foot, habitants des quartiers populaires.

Le samedi 21 février, la police a d’abord laissé la manifestation ,menée par l’assemblé des blessés, emprunter les artères du centre ville de Nantes, mais dans un deuxième temps (devant l’hôpital et après), elle s’est déchaînée en utilisant matraques et LBD (13 tirs selon l’autorité policière) contre des manifestants, ciblant au passage les journalistes et un secouriste, clairement identifié par son uniforme, plaqué au sol à l’intérieur du CHU, et dont le matériel a été détruit par une équipe de la BAC qui a proféré des menaces de mort à son encontre.

Les blessés lors de cette manifestation sont invités à se faire connaître :

La justice, expéditive, a condamné très sévèrement des manifestants, à des peines de prison ferme pour jet de fumigène, et des interdictions de territoire, sur lesquelles nous interrogerons le Ministère de la justice.

Des condamnations prononcées alors qu’il n’y a pas de victimes déclarées, juste un étonnant « préjudice moral » attribué à des policiers qui récoltent des centaines d’euros, à titre personnel.

En revanche, la justice oppose depuis un an une inertie pesante aux plaintes des trois Nantais* mutilés par des tirs policiers de LBD, les redoutables lanceurs de balles de défense. Depuis le 22 février 2014, leurs plaintes sont au point mort. La justice hésiterait-elle à désavouer la police qui lui fournit au quotidien les procédures et procès verbaux ? Est-ce un prélude à une décision d’impunité de l’institution policière responsable de ces mutilations volontaires ?

L’assemblée d’organisation de la semaine des résistances aux violences d’État tient à rappeler que ni cet immobilisme judiciaire, ni cette répression féroce n’entameront sa résistance.

Collectif du 22 février, site http://22fevrier2015.jimdo.com/

* Quentin Torselli, Damien Tessier, Emmanuel Derrien


Communiqué de l’Assemblée des blessés par la police

Communiqué de l’assemblée des blessés par la police qui a pris part à la manifestation de samedi dernier à Nantes. Cette assemblée réunit des personnes touchées par des tirs de flashballs et de LBD venues de tout la France. En annexe, deux photos de la manifestation.

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 La manifestation de ce samedi 21 février à Nantes contre les violences policières, sociales et économiques ainsi que la semaine de résistances qui l’a précédé sont des réussites. Bien qu’un important dispositif policier quadrillait la ville, ce sont plus de 3000 personnes qui ont défilé dans des rues qui avaient été interdites lors des précédentes manifestations et l’année dernière.

 Des manifestations ont aussi eu lieu à Toulouse, Le Havre, Calais, Montreuil, etc. A chaque fois, les manifestants ont fait face à d’importants dispositifs policiers. A Montreuil, les manifestants ont été encerclé, bloqués pendant des heures et finalement fouillés.

 Faut-il le répéter, ce ne sont pas les manifestants mais la police qui détermine le niveau de violence d’une manifestation. Il est normal que la colère s’exprime alors que les morts et les mutilations causées par les forces de l’ordre se multiplient. Il est normal que la colère s’exprime quand nous subissons au quotidien la violence de l’économie, la dépossession des territoires où nous vivons.

 Alors même que nous avons été des milliers à défiler contre les violences d’Etat, la police a encore tiré sur la foule à hauteur de tête avec des Lanceurs de Balles de Défense. Dans la capitale des mutilations policières, les forces de l’ordre continuent de blesser en toute impunité, y compris en s’attaquant délibérément aux journalistes chargés de couvrir la manifestation.

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 A ces violences s’ajoute une justice implacable qui distribue des peines expéditives et disproportionnées aux manifestants jugés. Un prévenu, blessé par un tir policier, a été condamné en comparution immédiate le 23 février. En plus d’une peine de prison il devra payer une amende aux policiers qui lui ont tiré dessus. D’un côté la justice frappe ceux qui luttent, de l’autre elle blanchi les policiers violents.

Nous continuerons de nous organiser pour que ces violences cessent.

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