Nos vies ne rentrent plus dans leurs urnes

« De toutes parts, le même vide politique. Chaque candidat tente de reprendre à son compte les idées de son adversaire, joue la surenchère, hurle plus fort en imaginant certainement que cela contribuera à le rendre plus audible. »

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paru dans lundimatin#100, le 17 avril 2017

Alors que toute la France mange des chips devant la décomposition de la politique, de jeunes lecteurs nous font part de leurs projets pour l’avenir.

Nous qui, depuis notre plus jeune âge, regardons les élections par dépit, n’y comprenant à moitié rien, tellement nous sommes dépossédés par la teneur des débats. Nous qui sommes sommés tous les cinq ans de choisir par défaut plutôt que par entrain une position censée nous représenter. Qui avons vu la gauche mourir en 2002, avons perçu la peur du fascisme, avons vécu le sarkozysme décomplexé, nous avons été ému par des discours plein de promesses tout en les voyant s’évanouir face à la « complexité du réel ».

Nous avons eu à chaque fois toujours un peu plus d’illusion qui s’en est allée, qui s’est fissurée, remplacée par de l’amertume, une colère ou une résignation. Même pour ceux d’entre nous qui, aujourd’hui, vont vivre leur première élection, nous ressentons déjà cette tristesse. Une tristesse tellement évidente.

Qu’est-ce qu’il peut bien y avoir de commun entre nos existences et les palais du pouvoir ? Comment sentir une prise sur des décisions qui impactent nos vies à travers un simple bulletin ?

La société du smecta

Ils nous ont tellement fait le coup qu’on ne devrait plus être étonnés. Encore et encore les mêmes rengaines, répétées à longueur de temps.

De débats en meetings, d’affiches présentes à chaque coin de rue, aux tracts distribués sur les marchés, nous voyons les mêmes exhortations stériles et séniles entendues mille fois, sur le ton du même moralisme indécent. Un ancien premier ministre se balade avec des costards qui valent une année de salaire tout en nous invitant à nous serrer la ceinture et à travailler plus pour résorber la dette. Un ancien banquier de chez Rothschild prétend savoir ce que « c’est de boucler une fin de mois difficile » et sort un bouquin qui s’appelle « Révolution » en ayant été ministre de l’économie à peine un an plus tôt. Une fasciste devenue « respectable » parle d’armer massivement la police et de cloisonner les frontières. Un ex du PS, hystérique et autoritaire, se rêve en porte-parole « anti-système » à grand renfort de rhétorique populiste pour nous vendre comme horizon « révolutionnaire » une 6e constitution…

De toutes parts, le même vide politique. Chaque candidat tente de reprendre à son compte les idées de son adversaire, joue la surenchère, hurle plus fort en imaginant certainement que cela contribuera à le rendre plus audible. Tout le monde parle du « peuple », des « gens », comme d’une masse homogène à séduire et à conquérir. Pourtant, rien ne correspond plus à rien. Nous vivons des temps où cela ne signifie plus rien de se dire de « gauche » ou de « droite » tant les frontières ont été brouillées. L’extrême-gauche reprend à son compte l’idée d’une « France aux français », pendant que Le Pen se voit en figure de proue du combat pour les femmes. Le ciel nous serait-il tombé sur la tête ou cela signifie-t-il plus simplement que la classe politique est en train de mourir et cherche désespérément les moyens de sa survie ?

Au-delà de ceux qui iront voter par absence d’une autre perspective plus séduisante, les seuls qui semblent encore voir un horizon dans l’élection à venir restent ceux et celles qui ont encore quelque chose à protéger et à sauvegarder. Petits boutiquiers, entrepreneurs, propriétaires, partisans de l’ordre et militants de l’économie. La France qui se chie dessus et entend maintenir le statu quo demeure en première ligne et la grande mobilisation pour se choisir un nouveau maître. Pour les autres, les exclus des grands discours, celles dont l’existence est niée, ceux qui rêvent que les choses changent, il faudra repasser.

« On ne peut pas tromper mille fois une personne »

Il s’agit d’une banalité, et pourtant, à chaque campagne électorale, on nous ressort la même soupe qui repose sur deux axes forts : d’une part le pardon, de l’autre la promesse. Autrement dit, chaque discours se fonde sensiblement sur la même rengaine : « Pardon pour ce qu’on a dû faire, mais promis, la prochaine fois ce sera différent. » On nous incite à continuer à faire confiance à une caste qui a montré maintes fois son incapacité à comprendre nos aspirations. Mais cette incompréhension ne vient pas de nulle part. Nos gouvernants s’évertuent à vouloir gérer une population comme des monarques sur leur royaume, sans vouloir saisir que le « corps social » est une pure fiction, qu’il existe des différences économiques, culturelles, linguistiques, et que les « Français » ne sont qu’une abstraction. Comme parade à cette déconnexion totale, les uns se contentent de trouver des excuses à ce qu’ils ont fait, les autres promettent de faire « mieux ».

Ces deux formes de discours sont agitées pour faire passer le monde politique comme un espace en dehors de l’histoire, où il serait possible d’effacer les passifs, les déceptions, les colères et les rancunes, en tirant un trait dessus pour repartir de l’avant. Et le pire réside sûrement dans l’odieux stratagème consistant à nous faire culpabiliser et à nous faire passer pour des idiots si nous n’acceptons pas de passer l’éponge.

Tandis que les socialistes essayent d’effacer le mandat d’Hollande en jurant qu’on ne les y reprendra pas, les Républicains tentent de noyer leurs affaires scandaleuses derrière un écran de fumée. Macron nous promet lui de moraliser la vie politique, pendant que Le Pen nous vend son nouvel « horizon » dans une France déjà sous état d’urgence.

La seule question qui mériterait sûrement d’être posée reste alors : jusqu’à quand supporterons-nous cette mascarade ?
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Le bouffon, la brute et les truands.

Il s’agit là d’une nouveauté qui nous parle de l’époque dans laquelle nous vivons. Pour la première fois dans l’histoire de la cinquième république, les deux partis traditionnels de l’échiquier politique français sont annoncés comme les grands perdants de l’élection à venir. Y a-t-il matière à surprise dans cette annonce ? Certainement pas, mais cela marque un tournant majeur dans la conception de la politique classique telle que nous l’avons connue depuis soixante ans. Le Parti Socialiste a commencé à faire naufrage depuis belle lurette, malgré sa victoire en trompe l’œil lors du dernier appel aux urnes. Il a certainement commencé à mourir un soir d’avril 2002, mais nous a imposé sa lente agonie avec indécence. Hollande a même cru nous attendrir en 2012, en déclarant n’avoir qu’ « un seul ennemi, la finance ». On a vu ce que ça a donné. On a avalé la pilule, constaté que rarement un gouvernement de « gauche » avait mené de manière aussi outrancière une politique de « droite ». Expulsions massives de sans-papiers, mesures d’austérité, casse sociale assumée ouvertement, état d’urgence… A priori, on a compris. Quant aux Républicains, ils ont beau changer de nom régulièrement, cela n’enlève rien au fait qu’ils ne savent visiblement plus où se mettre, ni quel discours adopter. Leur adversaire traditionnel marche sur leurs plate-bandes, et le FN occupe déjà l’espace qu’ils cherchent vainement à (re)conquérir. Mais pas de panique, face à ces deux cadavres en décomposition, la relève est assurée. Nous nous retrouvons désormais face à un nouveau choix tout aussi peu attrayant et parfaitement écœurant. D’un côté, l’hypothèse d’un gouvernement purement technique et gestionnaire, faussement rassembleur des décombres de la gauche et de la droite ; de l’autre, l’incarnation d’un fascisme qui se veut contemporain mais joue toujours sur les mêmes ressorts réactionnaires et xénophobes. Les repères paraissent soudainement bousculés mais il n’en est rien.

Macron représente la synthèse moderne des vieux partis avec cette touche de management tellement actuelle. Un sourire colgate en façade et une pratique d’entrepreneur. Un pantin plat seulement « capable » de jouer sur la communication et sur une image de gendre idéal lisse et sans émotions.

En marche vers un aplatissement total de la politique, dominée par une figure fictive qui nous présente un programme en forme de patchwork des différentes mesures phares des principaux partis. Au final, ce n’est que la continuité de ce qui s’est fait précédemment : mise en avant des nouvelles technologies, discours sécuritaire, mise au travail par la menace d’une suspension des allocations en cas d’ « insuffisance des efforts de recherche d’emploi », éloge de l’esprit d’entreprise. Nous aussi nous aurons droit à notre version locale du mythe américain du self made man comme winner social. Mais au final, le seul objectif reste de gérer la catastrophe plutôt que d’en proposer une voie de sortie.
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En face, le FN a entrepris depuis une dizaine d’années une grande opération de lifting. Il est désormais devenue un interlocuteur responsable et possible. Des médias aux conseils municipaux, ses élus et militants ont maintenant pignon sur rue et le cul dans des fauteuils. Depuis le passage de Le Pen père au second tour de la présidentielle en 2002, les autres groupes politiques traditionnels ont cherché à limiter son auditoire et à recapter son électorat en usant de la même rhétorique, du même vocabulaire, du même discours sur la sécurité, les frontières, le « péril » représenté par les étrangers, sans se rendre compte que l’entreprise était vaine. Au lieu de s’y opposer frontalement, ils ont permis au FN de s’installer dans le paysage politique et, aujourd’hui, cela passerait presque pour quelque chose de normal. Pourtant l’accession au pouvoir du FN nous fait toujours peur. Mais ce qui est à craindre, ce n’est pas tant l’instauration d’un nouveau régime nazi comme s’évertuent à le penser une partie de l’extrême-gauche, mais plutôt la libération d’une violence fasciste dans la société et le quotidien. Une place étendue aux militant de l’ordre réactionnaire pour se déchaîner dans la rue, bastonner à tout-va marginaux et étrangers, une légitimité supplémentaire pour les voisins vigilants qui se rêvent en milice de lutte contre la « délinquance », une toute puissance accordée aux flics qui n’attendent que ça. Les chiens de la république qui grognaient et mordaient déjà vont péter leur laisse. S’ils se comportent déjà en bande rivale, ils pourront maintenant se croire comme les maîtres de la rue. Il en est de notre devenir-bavure.

Au final, au lendemain des élections, quelle que soit l’option choisie, nous pouvons déjà affirmer que le capitalisme se mettra derrière les gagnants pour garder le contrôle. Les précaires seront toujours précaires ; les pauvres toujours pauvres, les exclus resteront en-dehors, la course à la consommation rythmera toujours notre vie, l’horizon d’une existence à trimer restera intact, ou empirera. La même misère affective et matérielle, la même solitude, le même état de crise dans notre rapport quotidien au monde.

« Nous ne sommes pas ici simplement pour constater qu’il n’y a plus rien à faire »

Ce monde part en cacahuète et nous n’en sommes que plus victimes. En fait, c’est leur politique qui part en cacahuète. Nous ne dirons pas tant mieux, même si nous sommes parfois heureux de voir comment ils se prennent les pieds dans le tapis. Nous ne dirons pas tant mieux, parce que ce serait trop facile de vendre un projet révolutionnaire comme d’autres l’ont fait, et d’affirmer que nous avons quitté le bateau. Nous n’en sommes pas là, nous ne sommes pas au dessus de la mêlée, et nous n’avons aucune alternative toute ficelée à proposer. Le vieux projet républicain est mort, et l’idée qui l’accompagne avec. Il n’y a que Mélenchon et son mouvement qui tentent encore de le raviver, à travers une offre clientéliste qui devrait répondre à tous les problèmes de la vie. Nous n’avons rien à offrir, mais nous avons tant à partager. Déjà se construisent des mondes bien réels autour d’entraides, de tendresses, de coup de main et de confrontations. Leur mensonge, c’est bien de nous faire croire que dans ce monde qui glisse, l’alternative est possible en restant statique. En bas de la pente, il y a ceux qui crèvent déjà au fond du ravin. Et tout le long, ceux qui se battent pour garder leur place au soleil, pour défendre l’idée d’un vivre mieux. Qui peut affirmer que le bonheur qu’on trouve ne se paye pas parfois en monnaies bien sales ?

There is no alternative, disait Thatcher. Nous n’y croyons pas, mais nous croyons par contre que la rupture avec ce monde existe déjà dans bien des endroits, parfois insoupçonnables, y compris en chaque être. Quand un berger héberge des migrants au pied d’une frontière, que des territoires entiers sont occupés contre des projets mortifères, ou que des agriculteurs se mettent à fabriquer eux-mêmes leurs machines en faisant la nique aux constructeurs de l’agro-industrie.

Le pari de l’autonomie

Nous avons le sentiment que nos vies nous sont volées, et nous voulons en reprendre le contrôle. C’est ce que nous appelons l’autonomie. C’est ce qui est déjà en chacun de nous et, parfois, jusque dans les gestes les plus anodins de nos quotidiens. Ce sont ces relations qui existent sans médiation, sans intermédiaire, par amour pour ses potes ou famille, qui n’ont pas besoin d’un intérêt matériel, ou d’une peur fabriquée de se faire pincer par les flics, le prof, ou le patron. Ces relations qu’on refuse d’abandonner parce qu’on ne veut simplement pas que notre pote se retrouve dans la merde, parce qu’on connaît son histoire et qu’on a envie de soigner son avenir. Ça existe dans la rue, entre voisins, entre amis, entre camarades ou entre collègues. Ce sont des liens dont on se sent fier, qu’on ne peut pas lâcher comme ça car ils constituent qui nous sommes. Ces liens sont autonomes. Ils se tissent sans être validés par une autorité surplombante. La question ne se pose pas quand il s’agit d’aller voir un pote à l’hosto. Dans un bureau, deux collègues n’ont pas besoin d’un DRH qui leur dit quoi faire pour trouver des gestes d’entraide dans le quotidien de leur travail. Ces liens ne s’inscrivent pas dans le champ de compétences d’un CV, mais sont pour autant une énergie incroyable. C’est là qu’on ne laisse pas filer ce qu’on crée au profit d’un prétendu intérêt général. C’est là aussi où l’on cultive sa puissance : en s’ouvrant peu à peu, à la mesure de notre force.

Ces pratiques, ces liens, sont présents partout. Parfois ils nous permettent de respirer et de nous émanciper, parfois c’est ce qui nous fait rester dans la merde que nous vivons. C’est d’ailleurs bien souvent grâce à eux que l’exploitation marche aussi bien. Les organisateurs du contrôle l’ont bien compris et cherchent à recréer de manière fictive ces liens : des « pots entre collègues », des parts de tarte dégueulasses « offertes » par le boss pour souhaiter la nouvelle année, des poufs « sympa » et des moquettes « détente » installés à côté de la machine à café, des soirées d’intégration aux frais de la boîte.

Les pratiques autonomes ont toujours été intolérantes à l’ordre et intolérables pour l’État et le travail capitaliste. Du moins, si elles ne sont pas contrôlées et, donc, faussées. Elles sont intolérables parce qu’elles refusent d’être gérées autrement que par ceux qui la vivent. En ce sens, elles recèlent le réservoir d’explosion des contrôles que nous subissons ou que nous exerçons parfois. C’est là que nous nous sentons bien, là que nous trouvons de la beauté, là que nous vivons. Mais c’est aussi là où nous pouvons faire péter la marmite.

Quand ça arrive, il devient très difficile pour les pieuvres du contrôle de reprendre le dessus. Ce fut le cas dans bien des révolutions, dans bien des campagnes et dans bien des quartiers, c’est le cas à Notre Dame des Landes ou chez les Zapatistes au Mexique.

Les îlots alternatifs ne représentent aucun danger pour le pouvoir tant qu’ils ne restent qu’une prison dorée. C’est en se liant que nous devenons dangereux. Parce que ce sont ces interdépendances qui nous rendent indispensables les uns aux autres et qui rendent, de fait, complètement inutile et inopérant l’exercice même du pouvoir. Qui a besoin d’aller au supermarché quand il produit lui-même ses légumes et profite déjà des céréales de son voisin ? Qui a besoin de faire appel à la police lors d’un conflit quand il connaît son quartier, l’histoire de chacun de ses habitants, ses parents, ses enfants.. Nous vivons dans un monde où nous sommes étrangers les uns aux autres, d’illustres inconnus perdus au milieu des métropoles. C’est précisément ce qui se situe entre les êtres, qui les sépare et les isole, que nous cherchons à reconstruire et que nous pensons comme l’élément premier d’une perspective révolutionnaire.

Si on reprend l’exemple de la ZAD à NDDL, on déroule le fil logique de son territoire : un fort ancrage paysan lié à la création de la confédération paysanne dans la région, une histoire ouvrière de luttes au 19e siècle et la Commune de Nantes, une tradition libertaire dans la ville tout au long du 20e siècle. C’est en liant ces mondes, en faisant corps ensemble, que se vit la manifestation de réoccupation après les expulsions de 2012 à 40 000 personnes et qu’une cinquantaine de tracteurs s’enchaînent autour du lieu pris ce jour-là. Et c’est à partir de cette expérience, de cette rupture avec l’existant, qu’une société tente de se reconstruire. Ces réalités habitent déjà de nombreux territoires qui ne se revendiquent pas toujours en lutte et qui n’ont pas forcément l’écho d’une lutte contre un aéroport. C’est ce que Fianso produit lui aussi quand il tourne ses clips dans toutes les cités de France, de la Castellane aux Mureaux, et y reçoit un accueil toujours chaleureux, au-delà des divisions. C’est ce qui se vit dans certains coins reculés, de la Creuse au Pays Basque, et c’est cette diversité de liaisons et de sensibilités que nous appelons aussi autonomie.

« Nous vivons des temps intéressants »

Déjà, tout un ensemble de personnes refusent la mascarade qui vient. Entartages, enfarinages, perturbations de meetings, attaques de permanences électorales, tags, textes, discussions, manifestations, banquets. S’attaquer à la classe politique, mettre des bâtons dans les roues de nos futurs dirigeants ne représente certainement pas une fin en soi, mais nous semble être un bon moyen de se trouver.

« Il n’est rien de plus invraisemblable, de plus impossible, de plus fantaisiste qu’une révolution une heure avant qu’elle n’éclate ; il n’est rien de plus simple, de plus naturel et de plus évident qu’une révolution lorsqu’elle a livré sa première bataille et remporté sa première victoire. »
Rosa Luxembourg

23 avril 2017. 20h01. Tout commence. 1er mai. Cortège de tête. 7 mai. 20H02. On est encore là, prêts à foutre le souk…

Rendez-vous dans la rue.

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