FATIGUÉE

Publié le 29 juillet 2020 |

Fatiguée des assemblées,
De refaire le monde
Avec les mêmes mots,
Les mêmes questions,
Les mêmes chefs même s’ils ne se disent pas chefs,
1968, les forums sociaux, ATTAC, Nuit debout, les Gilets jaunes……
Et après ?
Et le souvenir de mon père me disant que si on n’achetait pas, les choses changeraient…
Fatiguée d’être assaillie par un monde qui n’a pas de sens,
Des éditorialistes frôlant la débilité,
Des vagues de discours
Volontairement
Sans queue ni tête,
Tandis que ceux et celles qui réenchantent la vie,
Sont censurés
Il faut bien du courage et de la persévérance pour pouvoir les entendre.
Fatiguée de lutter contre un monstre à multiples tentacules,
Celle du Linky et de la 5 G
Celle des pesticides, du nucléaire, des éoliennes, des sans-papiers, des vaccins obligatoires, de l’école dévoyée, d’Amazon…..
Fatiguée d’envoyer quelques fléchettes qui l’égratignent
Le maintenant debout, toujours plus hargneux.
Faudra-t-il plus de fléchettes pour vider le monstre de son sang
Ou viser le cœur pour l’anéantir définitivement ?
Car pendant ce temps, au niveau international
Le monstre déroule et multiplie la puissance de ses tentacules.
Fatiguée d’observer que la démocratie représentative est à bout de souffle
Avec ses partis en décomposition
Avec la discipline de parti,
Avec l’intérêt supérieur du parti,
Avec la guerre des egos,
Avec la folie du « pouvoir sur ».
Et une opposition factice gauche–droite
Pour mieux nous tromper et nous manipuler.
Ils se trompent eux-mêmes,
Devenus des organes virtuels coupés de la réalité populaire.
Réalité populaire qui s’exprime, elle,
Dans les associations, les collectifs et comités,
Les ZAD et les jardins potagers
Dans une archipellisation des luttes,
Sapant les bases du « pouvoir sur »
Prônant le « pouvoir avec »
Et le bonheur.
Unissant le peuple autour d’une volonté politique :
En finir avec un système qui au nom du profit commet des crimes contre l’humanité et la nature.
Fatiguée de voir mes camarades syndiqué.es s’engluer dans des stratégies mortifères,
Subjugué.es par le chantage à l’emploi,
Défendant les intérêts du grand patronat
En croyant défendre leur outil de travail.
Anesthésié.es au point de ne pas imaginer possible de s’emparer de leur usine.
Amnésiques au point d’avoir oublié que la terre comme l’usine est à celleux qui y travaillent.
Embrigadé.es
Au point de ne pouvoir affronter le questionnement du « qui produit ? quoi produire ? comment produire ? » pour protéger sa santé et l’environnement.
Au point de refuser les alternatives et expertises citoyennes.
Le beau documentaire « Les sentinelles » ainsi que les analyses de Bernard Friot et Daniel Tanuro m’ont aidée à formuler ce que j’avais du mal à exprimer sur la frilosité des directions syndicales. C’est maintenant chose faite.
Jeanne Wachtel
22 juillet 2020

Note : j’emploie l’orthographe inclusive (point, barre oblique, contraction)

https://labogue.info/spip.php?article827

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.