Organisation de masse et autonomie: une apparence de contradiction

22 janvier 2020

Ce texte a été rédigé par des militant.es des Comités unitaires sur le travail étudiant (CUTE). Les CUTE se sont organisés autour de la revendication sur la rémunération des stages, mais aussi plus largement autour de la question du salariat étudiant Leurs analyses sont largement inspirées des théories féministes sur la reproduction sociale, en particulier la campagne internationale pour le salaire au travail ménager. Dans les trois dernières années, les CUTE ont participé à l’organisation de grèves générales au sein des cégeps et des universités du Québec. L’article qui suit revient sur l’expérience de la Coalition montréalaise pour la rémunération des stages, organisation qui visait à réunir des membres de groupes autonomes, des représentant.es d’associations étudiantes et des individus autour de la lutte pour la rémunération des stages.

Depuis la crise qui secoue le mouvement étudiant à la suite des deux dernières campagnes de grève générale (2012 et 2015) est surgie une volonté de repenser les structures du mouvement étudiant en vue de trouver une voie d’organisation qui serait critique à la fois du centralisme de l’ASSÉ et de la culture de l’informel des comités Printemps 2015. L’idée d’une campagne sur la rémunération des stages et la reconnaissance du travail étudiant, dès le départ, était indissociable du projet de créer des formes d’organisation basées sur les principes de l’autonomie et de la décentralisation1, malgré les défis que cela suscitait. L’autonomie et la décentralisation sont des concepts chargés historiquement, que l’urgence d’agir ne nous a pas toujours laissé le temps d’approfondir et de comprendre dans toutes leurs implications, ce qui a pu mener à certains malentendus.

La question de l’autonomie des luttes émane d’une critique du concept de centralisme démocratique propre aux organisations marxistes-léninistes, d’une part, et des partis de gauche réformiste, d’autre part. On parle surtout d’autonomie pour l’opposer aux modes d’organisations autoritaires dans lesquels les membres de la base n’exercent pas le pouvoir, mais le remettent plutôt aux mains d’un comité central ou d’un bureau exécutif. Dans le contexte d’une grève, cette question devient capitale parce que les rapports de pouvoir au sein de l’organisation qui porte le mouvement se retrouvent chargés des enjeux de la grève et ont des conséquences sur son issue.

Au-delà de la critique du marxisme-léninisme apparue massivement depuis les années 1960 et avec elle la prolifération de courants anti-autoritaires, c’est de la manière dont on articule ce projet d’autonomie et de décentralisation dont il est question : quelles sont les nouvelles structures qui peuvent y répondre et assurer un contrôle de la lutte par la base ? Comment faire perdurer des organisations dans le temps en évitant la bureaucratisation de telles structures ?

Les débats et les exemples au sujet de la création de formes d’organisation plus démocratiques ne manquent pas. Le nœud du problème se situe autour du caractère formel ou informel des organisations. Par formel, on entend une organisation se dotant de structures claires et établies, qui est identifiable, qui rédige les procès-verbaux d’instances tenues plus ou moins régulièrement, etc. Cette forme d’organisation, historiquement liée à la centralisation et à la présence d’une forte bureaucratie, est ouverte au plus grand nombre et a pour vocation de grossir, de recruter. L’informel est tout l’inverse : il n’y a pas de structure définie comme telle, les prises de décision sont faites par consensus au gré des sensibilités et, surtout, la participation repose intégralement sur le mode affinitaire. Les adeptes de cette forme d’organisation critiquent ceux et celles qui voient dans les regroupements formels une possibilité de cultiver une autonomie politique. Il est vrai que les tendances autonomes se sont historiquement détachées des organisations formelles (syndicats, partis communistes, etc.), parce qu’elles voient dans les structures la cristallisation même des rapports de pouvoir dont elles sont grevées. Il n’y aurait donc, pour plusieurs, aucune possibilité de lier autonomie et organisations de masse, une organisation de masse autonome étant en quelque sorte un oxymore. Pourtant, même si les initiatives autonomes trouvent leur source dans le rejet du centralisme, l’autonomie politique n’est pas incompatible avec toute forme d’organisation structurée plus ou moins formellement.

Depuis la création des CUTE, qui se réfèrent explicitement à l’autonomie et à la décentralisation, on leur adresse une critique double et celle-ci sème la confusion. La première estime que la décentralisation et l’autonomie sont nécessairement synonymes d’absence de structures et donc de démocratie. Cette critique réduit toutes les tendances autonomes au seul mode d’organisation affinitaire et y associe les CUTE. En agglomérant tous les groupes qui se réclament de la décentralisation et de l’autonomie, il est plus aisé de disqualifier les oppositions. Cette critique provient la plupart du temps de la tendance historiquement dominante dans le mouvement étudiant, soit celle qui fait de l’organisation nationale plus ou moins centralisée le pilier du mouvement. En effet, les personnes qui ont porté cette critique dans le cadre de la dernière grève étaient proches de l’ASSÉ et des associations étudiantes. La seconde critique provient d’un courant bien précis de la tendance autonomiste, soit la tendance anarchiste, qui voit dans les tentatives de démocratiser les organisations formelles une manière vicieuse de légitimer et faire perdurer les dynamiques de pouvoir. Du point de vue de cette tendance, l’aspiration des CUTE à être des comités autonomes et décentralisés ne serait qu’une illusion, car seule l’organisation affinitaire serait en mesure de construire des liens de solidarité amicaux, forts, authentiques et capables de déconstruire individuellement et collectivement les systèmes d’oppressions. En d’autres termes, les CUTE ne seraient qu’une organisation centralisée déguisée en regroupements autonomes. Bien qu’elles prétendent être adressées aux CUTE, ces deux critiques se répondent en réalité l’une l’autre, puisque l’expérience des CUTE et des coalitions régionales pour la rémunération des stages est issue d’une troisième voie qui nie à la fois le centralisme des organisations de masse ainsi que la culture du consensus des groupes affinitaires.

Pour mieux le comprendre, nous proposons de revenir sur un texte notoire des mouvements de contestation sociale, un texte qu’on brandit le plus souvent sans prendre la peine de l’étudier sérieusement : La tyrannie de la non-structure, de la féministe américaine Jo Freeman2. Notons que l’initiative de Freeman est une proposition pour démocratiser radicalement les organisations de masse à une époque où le mouvement féministe américain s’étend. En guise de conclusion de son texte, Freeman propose sept solutions pour développer l’autonomie de la base au sein des organisations formelles. C’est à partir d’elles que nous réfléchirons sur la pratique autonome et décentralisée défendue par les coalitions régionales pour la rémunération des stages, des groupes qui émanent des CUTE et du besoin de créer des structures élargies afin de mener une campagne de grève générale illimitée (GGI). Les structures des coalitions s’inspirent des principes de l’autonomie et de la décentralisation, mais à une échelle capable d’organiser cette campagne. Voici les sept recommandations de Freeman :

1. La délégation, par des méthodes démocratiques, de formes spécifiques d’autorité, à des personnes concrètes et pour des tâches délimitées.

2. Exiger des personnes à qui une autorité a été déléguée qu’elles soient responsables devant celles qui les ont élues.

3. La distribution de l’autorité au plus grand nombre de personnes raisonnablement possible.

4. Rotation des postes entre différentes personnes.

5. Répartition des tâches selon des critères rationnels : désigner une personne à un poste parce qu’elle suscite la sympathie quand elle s’y trouve, ou gêner son travail parce qu’elle n’en suscite pas, ne profite à long terme ni au groupe ni à la personne en question. La capacité, l’intérêt et la responsabilité doivent être les critères qui comptent dans une telle sélection. Assumer une responsabilité que l’on ne maîtrise pas est démoralisant, et à l’inverse, être privé de faire une chose que l’on sait bien faire n’est pas très encourageant pour développer ses facultés.

6. Diffusion de l’information à tout le monde, le plus fréquemment possible.

7. Accès égalitaire à toutes les ressources dont le groupe a besoin.

Organisation de masse et autonomie : une apparence de contradiction

Responsabilité et codépendance

On peut évaluer l’expérience de la Coalition montréalaise pour la rémunération des stages3 à partir des recommandations de Freeman visant à atténuer les dynamiques de pouvoir dans les organisations. On peut alors convenir que la Coalition montréalaise a tenté de développer des pratiques conformes à plusieurs de ces recommandations. Concernant la première, des tâches délimitées y étaient distribuées aux personnes volontaires parmi les personnes présentes. Les troisième et quatrième recommandations, quant à elles, soit la distribution de l’autorité et la rotation des postes, se reflètent dans la préoccupation d’attribuer les tâches de représentation à des comités rotatifs où de nouvelles personnes étaient élues à chaque rencontre de coalition. À titre d’exemples, l’Interrégionale assurait la communication avec les autres coalitions régionales et le Comité de liaison était en charge des rencontres avec le gouvernement. Les diverses invitations à présenter la campagne dans les syndicats et les organismes en vue d’y trouver des appuis étaient partagées largement et au moins deux personnes à la fois assuraient ces tâches de représentation. Concernant la sixième recommandation, la Coalition montréalaise a développé des pratiques originales favorisant la diffusion de l’information. Les procès-verbaux des rencontres de la Coalition montréalaise sont presque des verbatim, le contenu de chacune des interventions y étant consignée ainsi que son auteur.e. Les procès-verbaux sont disponibles publiquement4et on peut ainsi retracer l’histoire des débats et des échanges ayant ponctué la campagne pour la rémunération des stages. On peut aussi identifier les personnes qui défendent certaines positions, deviner les affinités politiques et les conflits.

La Coalition montréalaise a donc développé des pratiques inspirées de plusieurs des recommandations de Freeman. La deuxième recommandation, par ailleurs, pose la question de la responsabilité qui nous lie dans une organisation décentralisée. Cette question s’est d’ailleurs posée de manière aiguë à plusieurs moments au cours de l’existence de la Coalition montréalaise pour la rémunération des stages. Il semble en effet qu’il y avait à l’intérieur de la coalition un défaut de reddition de comptes. Les tâches distribuées n’étaient pas toujours accomplies et aucun mécanisme formel n’a été mis en place pour s’assurer d’un suivi adéquat. Les longues discussions devaient mener à des consensus mais diverses interprétations étaient entretenues quant au poids de ces consensus : faisaient-ils office de décisions auxquelles toute personne présente devait se plier ou s’agissait-il de lignes directrices plus ou moins floues à appliquer selon le bon vouloir ? La vocation originale, lors de sa création, de la Coalition montréalaise comme une instance de travail a favorisé le maintien d’une dynamique de l’informel où l’on se présentait si on en avait envie et où les décisions prises n’étaient pas particulièrement engageantes de retour sur nos campus. À l’approche de la grève pourtant, alors que les implications des décisions prises étaient de plus en plus importantes, la Coalition montréalaise est devenue de facto une instance décisionnelle formelle sans que ce processus soit pourtant rendu explicite : d’une instance de travail, elle s’est transformée en une instance de coordination et de décisions stratégiques, augmentant du même coup les exigences de redevabilité envers les personnes et les groupes présents. L’absence de formalisation des transformations par lesquelles la Coalition montréalaise est passée d’un type d’organisation plutôt informelle à une structure plus formelle a contribué à accentuer les conflits entourant la question de la reddition de comptes et de l’autonomie durant la grève de l’hiver 2019.

Mais en même temps, la flexibilité de l’organisation et ses procédures souples visaient à ce que l’organisation soit au service de la lutte, afin de répondre à ses besoins au fil de son développement et pour éviter que l’organisation impose sa logique propre et ses intérêts comme c’est souvent le cas dans des organisations plus centralisées. La question de l’autonomie politique, au fondement des coalitions régionales pour la rémunération des stages, est donc celle de la création de structures qui puissent éviter la bureaucratisation, c’est-à-dire la division entre dirigeant.e.s et exécutant.e.s. En effet, la Coalition montréalaise était ouverte, depuis ses tout débuts, à tous et toutes ; individus, membres de groupes politiques et délégué.e.s d’associations étudiantes. Cette structure où pouvait participer directement la base sans l’intermédiaire de représentant.e.s constituait un rejet de la spécialisation dans le travail politique, une opposition de fait à la constitution d’une classe de bureaucrates détenant le contrôle du mouvement en cours. Malgré les problèmes nombreux rencontrés à l’intérieur de la Coalition montréalaise, celle-ci a bel et bien été une tentative d’organisation visant à éviter la déconnexion de la structure d’avec la lutte et à assurer le maintien du contrôle de cette dernière par la base mobilisée. Ce contrôle aurait dû impliquer de remplacer la logique de représentation par une prise de responsabilité par les individus et les groupes, responsabilité par laquelle les conséquences des actions et des tâches doivent être assumées devant les autres. Le contrôle par la base et le rejet de la bureaucratie politique ne peuvent en effet être assurés que par une reddition de compte entre nous et par un engagement mutuel relativement aux décisions prises dans les structures que nous nous donnons. Ainsi, si l’idéal qui nourrit les structures que nous nous donnons est celui de ne plus avoir entre nous de personnes qui dirigent et de personnes qui exécutent, alors autonomie et responsabilité doivent être indissociablement liées. Leur cohabitation à l’intérieur de la Coalition montréalaise n’a toutefois jamais été très harmonieuse.

Si l’on accepte cette relation indissociable entre autonomie politique et reddition de compte, on ne peut par ailleurs admettre que l’autonomie soit une absence de contraintes, une liberté totale, où chaque groupe qui participe à la lutte puisse prétendre faire ce qu’il veut, selon ses intérêts propres et sans le souci de la critique. L’autonomie est plutôt une relation de codépendance volontaire. Cette codépendance, c’est celle de la responsabilité partagée dans un projet commun, dans ce cas-ci, la campagne pour la rémunération des stages. Accepter cette responsabilité devant les autres aurait exigé de soumettre ses initiatives à l’assemblée, de participer aux débats et de respecter les décisions qui en découlent. Ces gestes sont essentiels à la création de rapports véritablement politiques entre les différentes tendances d’un même mouvement. Mais beaucoup d’individus impliqués dans des groupes affinitaires ou élus comme exécutant.e.s d’associations étudiantes ont refusé cette reddition de compte au cours de la campagne pour la rémunération des stages en revendiquant une autonomie dans sa conception la plus atomisante.

Organisation de masse et autonomie : une apparence de contradiction

Décentralisation et luttes de tendances

Les coalitions, qui réunissaient des groupes et des militant.e.s de différentes affiliations et de différentes tendances politiques autour d’une revendication comme la rémunération des stages, présentaient un mélange d’unité et de pluralisme. Certes, la revendication centrale conférait un aspect unitaire à l’organisation, mais cette unité s’est articulée à travers une multiplicité de tendances politiques privilégiant des tactiques et des stratégies différentes, et qui sont parfois entrées en contradiction les unes avec les autres. Plus la revendication ou la plateforme unitaire est large, plus la diversité des tendances est susceptible de déboucher sur des contradictions – et éventuellement des conflits – entre différentes tactiques et stratégies.

Or les débats et les luttes de tendances qui découlent de la double nature (unitaire et pluraliste) des coalitions de type décentralisé ne sont pas des écueils qu’il faut chercher à éviter. Bien au contraire, ils sont garants du dynamisme politique essentiel à toute organisation qui veut se développer en fonction de la lutte et de ses besoins. Par exemple, les coalitions pour la rémunération des stages n’ont adopté aucune plateforme officielle stipulant qu’elles étaient des organisations féministes. Néanmoins, les tendances les plus féministes parmi celles qui se sont impliquées au sein de cette campagne unitaire ont mené une lutte de chaque instant pour défendre la conception selon laquelle la revendication de rémunérer les stages présuppose une analyse féministe de la société et de la division du travail, et que cette analyse comporte des implications directes concernant les discours, les tactiques et les stratégies à privilégier pour faire valoir cette revendication dans le contexte d’une lutte politique comme la grève. Force est de constater que la lutte menée sur ce plan par les tendances féministes des coalitions a eu un effet important sur l’alignement politique de ces dernières depuis leur création. Force est aussi de constater que cela s’est fait à travers des débats et des confrontations, et non pas parce qu’une coexistence passive et dénuée de conflictualité entre les différentes tendances a magiquement débouché sur un consensus quant à la centralité irréductible du féminisme dans la campagne.

Les organisations politiques doivent nécessairement composer avec ce mélange d’unité et de pluralisme, et avec les possibilités de contradictions et de conflits qu’il implique. La configuration spécifique de ce mélange d’unité et de pluralisme n’est pas la même dans le cas des organisations centralisées et des organisations décentralisées. Dans les organisations centralisées, la diversité des tendances et les luttes que celle-ci implique sont dissimulées derrière les fonctions de représentation par lesquelles les personnes élues font passer leurs intérêts et leurs positions pour celles des groupes qu’elles représentent. Les luttes de tendances dans les organisations décentralisées sont un signe que la décentralisation fonctionne, et non l’inverse : la décentralisation permet que s’expriment les luttes de tendances qui découlent de la tension entre unité et pluralisme au sein des organisations. Le centralisme qui recherche l’unité à tout prix et la diversité des tactiques qui se veut au-dessus de toute critique contribuent tous deux à invisibiliser les luttes de tendances, alors qu’il faudrait plutôt formaliser celles-ci de manière à jeter les bases d’une éthique du débat et de la confrontation.

Cette intégration du choc des idées au sein d’une culture du débat développée en commun et valorisée en tant que telle, au-delà de toute personnalisation et de toute dynamique de gang, est peut-être ce qui a le plus manqué aux coalitions pour la rémunération des stages, et particulièrement pendant la tentative de GGI à l’hiver 2019. Si la question de l’aspect fondamentalement féministe de la campagne est un exemple de lutte de tendances qui a su fournir un dynamisme positif à l’organisation et rallier un grand nombre de tendances politiques au-delà des intérêts concurrents et des blessures d’orgueil, on ne peut pas en dire autant de toutes les questions qui ont été l’objet de conflits et de débats au sein des coalitions. S’ils ont commencé, comme celui sur le féminisme, dans les assemblées de la Coalition montréalaise, plusieurs de ces débats ont malheureusement été interrompus, étant perçus comme des chicanes nous détournant des objectifs politiques de la campagne, ou pire encore, se sont poursuivis sur les réseaux sociaux, où la possibilité de construire une éthique de la confrontation est sabotée à l’avance, et où même les meilleures intentions ne font que paver le chemin du ressentiment et du repli sur la communauté, réflexes grégaires et anti-politiques. La pratique des amendements étant à la base de la démocratie et s’étant maintes fois portée garante d’une politique en mouvement et ouverte à l’imprévisible, nous proposons de mettre à jour la liste de recommandations de Jo Freeman pour rajouter, comme huitième point, l’éthique du débat et de la confrontation. Une pratique cohérente de l’autonomie politique implique de continuellement actualiser les propositions du passé pour les garder vivantes.

Jeanne Bilodeau, Louis-Thomas Leguerrier et Pierre Luc Junet

  1. Dans leur « appel à la formation de comités unitaires sur le travail étudiant » publié à l’automne 2016, les militant.e.s des CUTE écrivaient : « Dans la mesure où l’on souhaite provoquer un changement social d’envergure, le stade affinitaire de l’activité politique doit nécessairement être dépassé par l’action collective des organisations de masse. Cependant ces dernières, en vertu de leur logique interne, sont conduites à faire taire les débats entre tendances politiques conflictuelles sans lesquels la force du nombre devient le poids écrasant de l’hégémonie et du statu quo. Voilà une contradiction bien réelle qu’il faudrait regarder en face plutôt que tenter d’en disposer à l’aide d’un tour de passe-passe logique, aussi habile soit-il. L’union de tendances politiques potentiellement conflictuelles autour d’un enjeu rassembleur tel que le travail étudiant, et la création d’espaces — les CUTE — au sein desquels ces tendances pourront intervenir en leur nom et indépendamment de toute affiliation syndicale est notre proposition provisoire en vue de relever ce défi ».
  2. Disponible en ligne : https://infokiosques.net/lire.php?id_article=2
  3. Puisque c’est à Montréal que les auteur.e.s se sont impliqué.e.s, c’est à la Coalition montréalaise que ce texte fait référence.
  4. Les procès-verbaux et compte-rendus des réunions coalitions régionales sont disponibles ici : http://www.grevedesstages.info/coalitions-regionales/
  5. https://acta.zone/organisation-de-masse-et-autonomie-une-apparence-de-contradiction/

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