Résister à la contre-réforme des retraites, c’est bien ; mais (( en même temps )) proposer et revendiquer, C’est mieux !


Contribution au débat sur les retraites pour alimenter la nécessaire réflexion individuelle et collective en vue de l’émancipation sociale

« un régime de retraites universel, simple, juste, égalitaire » Chiche !

Pour une retraite égale pour tous et toutes à 60 ans dans l’esprit des Jours heureux !

Défendre notre système actuel de retraite par répartition et combattre toutes les contreréformes, oui mais pas seulement ! Pourquoi pas aussi en profiter pour réfléchir collectivement à des améliorations du régime actuel, et pourquoi pas, en « décolonisant notre imaginaire », promouvoir une alternative socialement radicale et clairement « révolutionnaire » : une retraite égale pour tous et toutes, à 60 ans, sans tenir compte du nombre d’annuités travaillées et cotisées, pour subvenir aux besoins d’une vie décente en des âges avancés. Utopie me répondra-t-on, mais l’utopie a souvent été la réalité du lendemain dans l’Histoire de l’humanité |

Pourquoi revenir à la retraite à taux plein à 60 ans alors que nous vivons tous et toutes de plus en plus vieux ? Et bien tout simplement parce que l’espérance de vie en bonne santé stagne voire régresse; et aux dernières données disponibles (2018) partir à la retraite à 60 ans permettrait d’avoir 4,5 belles années sans problème pour les femmes et 3,5 belles années pour les hommes. osera-t-on encore parler de privilèges éhontés !

Certes il faut défendre les avantages acquis, et en général acquis de haute lutte ! C’est le premier réflexe que nous avons quasi tous et toutes, mais en premier lieu n’y-a-t-il pas là une attitude purement défensive où « nous battons en retraite » pied à pied depuis plus cie vingt ans ? Et surtout nous ne risquons de mobiliser que ceux et celles qui ont des « avantages acquis ». Quid de tous les laissés-pour-compte ? Comment peuvent-ils se sentir concernés ? En plus ceux et celles « qui en ont (des avantages acquis) » se retrouvent majoritairement salariés du public au sens large. Alors ne va-t-on pas involontairement accroître la coupure public/privé ?

Il n’est pas question pour moi de jeter le bébé avec l’eau du bain et de proposer que les salariés et les retraités abandonnent de leur plein gré ce qui a été obtenu autrefois souvent de haute lutte; mais de réfléchir aux conséquences de nos mots d’ordre surtout parmi les plus défavorisés qui pourraient, par ressentiment, se jeter dans les bras des pires démagogues de l’extrême-droite, sur le thème « une bonne retraite, mais seulement pour les Français de souche (sic !) » alors que plus de 1 Français sur 4 a un oL! des ascendants étrangers sans remonter très loin dans le temps !

Mais à quel montant ? A un niveau décent : autour de 2 000 euros, pourrait-on estimer aujourd’hui, révisée régulièrement, seulement à la hausse, et indexée sur les salaires, avec des bonifications et/ou des départs anticipés en raison de !a pénibilité de la profession exercée. Étant donné que la moyenne des retraites actuelles était, en juin 20t9, d’environ 1 500 euros, mais avec d’importantes inégalités entre les hommes (environ 1 700 euros) et les femmes ( un peu plus de 1 000 euros), l’immense majorité de la population s’en retrouvera gagnante ! N’est-ce pas tout simplement l’application aux retraites du principe fondateur de la Sécurité sociale – et pourtant inventée dans la France exsangue et dévastée de 1945 ! – selon lequel «Chacun cotise selon ses moyens et reçoit selon ses besoins ».

Pourquoi ce principe est-il resté cantonné au domaine de la santé, et pourquoi n’a-t-il pas englobé les pensions de retraite ? Nous aurions des besoins de santé identiques et des besoins de vie quotidienne différents lors de la retraite, l’âge avançant ! Étrange conception de la vie !

Et est-on si sûr que ce régime ne serait pas économiquement viable ? Pourquoi ne pas en faire le calcul, c’est à la portée des ordinateurs d’aujourd’hui ? Pour répondre à ceux et celles qui ont eu la «chance» d’exercer des activités dits d’encadrement, rien n’aura empêché les anciens actifs à haut revenu d’avoir épargné au cours de leur vie professionnelle pour améliorer le standing de leur fin de vie, résidence secondaire et voyages compris !

Pourquoi la différenciation salariale dans la vie professionnelle (avec son éventail__ grandissant !) devrait-elle se retrouver dans la situation matérielle des retraité.e.s ? Et d’ailleurs la réduction des écarts de salaire n’est-il pas aussi un combat à mener ? Et pourquoi pas l’abolir I Ah, l’utopie quand tu nous tiens !

De plus, comme la plupart des gens pensent, à tort, que [a retraite correspond à une sorte de « retour sur investissement » en fonction de leur niveau de cotisations tout au long de leur vie professionnelle, n’y-a-t-il pas là une véritable préparation des esprits à une future retraite par capitalisation privée, le système actuel, tout comme le projet du système à points, se trouvant en quelque sorte perçus par la majorité d’entre nous comme une sorte de « capitalisation D’État ».
Or le système par répartition n’a rien à voir avec une quelconque idée de « récupérer ses billes » à l’âge de la retraite (avec la dévaluation de l’argent, que seraient ces billes aujourd’hui ?), mais bien à une conception solidaire – et reconduite de génération en génération – de répartition des richesses produites par les actifs du moment à destination des retraités, mais aussi des enfants, des élèves, des étudiants, des jeunes sans emploi, des personnes âgées sans ressources, des malades, des handicapés, des réfugiés…

Telle était la philosophie du programme du CNR et du fondateur de la Sécurité sociale, Ambroise Croizat. Essayons d’y rester fidèles !

Daniel Guerrier, multi-petit-retraité du secteur privé, et ancien responsable syndical CGT, y compris au niveau national

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