Gilets jaunes : Qui sème la misère récolte la colère

Un peu partout en France, la même colère, la même détermination et la même volonté de ne pas se laisser faire. Partout, des cortèges sauvages qui défient l’encadrement policier. Partout, des manifestantes et manifestants qui expriment leur rage face à la répression.

Au Puy-en-Velay (43), la violence policière a surchauffé une foule de plusieurs milliers de personnes qui a fini par s’en prendre à la préfecture.

À Paris, le verrouillage des Champs-Élysées par la police a provoqué une dispersion des gilets jaunes dans l’ensemble des quartiers bourgeois de la capitale qui ont été littéralement pris d’assaut.

Les forces de répression ont eu beau utiliser les grands moyens (rideaux de gaz lacrymogènes, canon à eau, grenades), les travailleurs et travailleuses en colère ont bien montré que la rue leur appartenait : boulevard Haussmann, aux Tuileries, rue de Rivoli, place Vendôme, des gilets jaunes parcouraient la chaussée, narguaient la police et s’attaquaient parfois aux symboles du pouvoir et de la richesse. C’est ainsi que des vitrines de grands magasins de luxe ont été brisées tandis que des groupes essayaient de s’en prendre à la Bourse.

Paris, 1er décembre 2018.
Yann Castanier/Hans Lucas

À Martigues (13) ou à Vichy (03), les gilets jaunes et les syndicalistes ont défilé ensemble, dans une belle solidarité de classe, mais dans trop de villes, on peut regretter que les organisations syndicales combatives n’aient pas encore été visibles et n’aient pas davantage tendu la main aux gilets jaunes.

C’est pourtant l’une des étapes essentielles vers la victoire : il faut que les syndicats combatifs, qui organisent vraiment la résistance face aux patrons dans les entreprises, se mettent aux côtés des gilets jaunes face à un gouvernement méprisant, qui multiplie les cadeaux aux plus riches et laisse s’enfoncer dans la misère le reste de la population. Il faut que les samedis de colère se transforment en lundis de grève, en mardis de grève, en mercredis de grève.


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Face à un gouvernement qui reste sourd, face à des patrons qui profitent toujours plus des salarié.es, nous devons continuer à mettre la pression et cela passe par un blocage complet de la production.

Le gouvernement et les patrons ne comprennent que la loi de l’argent ? Et bien tapons-les au portefeuille : bloquons les transports, bloquons les entreprises, bloquons les services publics. C’est nous qui faisons tourner l’économie, ils ne sont rien sans nous.

Reprendre ce que les capitalistes nous ont volé

La colère est là. Il faut maintenant qu’on s’organise pour lui permettre de durer et pour construire un rapport de force qui permette de gagner. Mais de gagner quoi ? Le principal slogan qui était repris de Paris à Marseille et Rennes à Toulouse, c’est « Macron démission ». Parce que Macron symbolise tout le mépris de la bourgeoisie envers les travailleurs et les travailleuses, parce que c’est lui qui pilote les attaques contre les salarié.es. Mais ce n’est pas en faisant sauter Macron ou en faisant sauter le gouvernement qu’on fera réellement changer les choses.

Ce qu’il faut mettre en avant, ce sont des revendications concrètes, qui permettent de sortir de la spirale infernale pour reprendre tout ce que les capitalistes nous ont volé et pour conquérir de nouveaux droits.

Pour cela, nous devons nous organiser à la base, construire des assemblées qui permettent de discuter de nos revendications sans laisser d’autres les proposer à notre place. Nos solutions, nous ne les trouverons pas dans les promesses des politiciens et des politiciennes qui veulent déjà récupérer la mobilisation. Nos solutions, nous les trouverons en échangeant, en débattant et en nous coordonnant pour être plus forts toutes et tous ensemble.

Macron a peur et il a raison d’avoir peur. Cinquante ans après Mai 68, le fond de l’air est rouge.

Alternative libertaire, le 3 décembre 2018

Nevers, le 25 novembre 2018.
Frédéric Lonjon/Le Journal du Centre

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