Clichy : après 106 jours de grève, sortie de crise en vue à l’Holiday Inn

janvier 2018, 21h42 | MAJ : 31 janvier 2018
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Nanterre, ce mercredi. Après 106 jours de conflit, les grévistes de l’Holliday Inn de Clichy et leurs soutiens se sont rassemblés devant la préfecture alors qu’une table ronde a réuni les syndicats, le préfet et leur employeur, la société Héméra. LP/O.B.

Pour la première fois, tous les protagonistes de ce conflit se sont retrouvés autour d’une table. A l’initiative du préfet, une nouvelle réunion est prévue vendredi avec de vrais espoirs.

Il aura fallu 106 jours de grève pour que l’espoir d’une sortie de conflit se concrétise. Même si les douze salariés, essentiellement des femmes de chambre, de la société Héméra, un sous-traitant de l’hôtel Holiday Inn de Clichy, ne vont pas cesser la grève et reprendre le travail ce jeudi matin. Néanmoins, ce mercredi, tous les protagonistes du dossier se sont, pour la première fois depuis le 19 octobre, retrouvés autour d’une même table… Celle du préfet des Hauts-de-Seine.

La table ronde aura duré deux heures et demie. « Elle a été constructive », reconnaît Etienne Deschamps, responsable syndical CNT. « On est confiant sur l’issue, abonde une source proche de la direction de l’hôtel. L’important c’est la sortie de crise pour le bon fonctionnement de l’établissement. »

Des points de crispation demeurent

Pour ce faire, à l’initiative du préfet, une nouvelle réunion doit se tenir ce vendredi à Clichy. Objectif, travailler sur le protocole de sortie de crise rédigé en début de semaine. Ce texte, soumis dès lundi soir aux organisations syndicales CGT-HPE et CNT-SO, prévoit dans un premier temps l’embauche en direct par l’Holiday Inn des plongeurs et équipiers jusqu’à présent salariés du sous-traitant Héméra.

Puis dans un second temps, et sous condition du taux d’occupation de l’hôtel après l’ouverture de la Cité judiciaire toute proche, les fonctions de femmes de chambre et de gouvernantes pourraient elles aussi être internalisées.

Mais le point de crispation entre la direction de l’hôtel et les syndicats concerne le cas de la représentante syndicale CNT que l’établissement ne souhaite pas voir revenir travailler à Clichy. « On ne peut pas conditionner un accord de sortie de crise au départ d’une déléguée syndicale. Le collectif ne peut dépendre d’un cas individuel », estime Claude Lévy, délégué CGT-HPE qui se dit « totalement solidaire » de la CNT-SO. Ce cas « non négociable », qui a finalement été sorti du protocole d’accord, a été rappelé au mégaphone peu avant la rencontre avec le préfet.
«On ne peut plus faire machine arrière »

Dès 16 heures, ce mercredi, quelques dizaines de personnes, des salariés d’Héméra, soutenus par des militants de la CGT, de la CNT, du Parti communiste, de la France insoumise et quelques cheminots se sont rassemblées devant la préfecture, sous les abris destinés aux interminables files d’attente.

« On a déjà tenu 106 jours, c’est un record ! » Employé et gréviste à l’Holiday Inn, Cherly, regard tendu, se veut optimiste. « Le préfet n’a pas convoqué cette table ronde pour rien », lâche-t-il. « Il faut que cela se débloque, tranche Eric, un de ses collègues. On ne peut plus faire machine arrière. Aujourd’hui, on parle bien de dignité. C’est pour cela qu’on a accepté de passer autant de jours, dans le froid, la pluie, le mépris, qu’on a tellement manifesté. Nous sommes peut-être les petites mains mais sans elles, il n’y a pas d’hôtels de luxe. Nous sommes allés trop loin pour ne pas gagner… » Après celle de vendredi, une nouvelle rencontre, la semaine prochaine en préfecture, pourrait sceller la fin du conflit.

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