Guyane, le déclin?

C’est le début de la fin depuis hier :

 Mikaël Mancée, porte-parole des 500 Frères, a quitté le collectif “Pou Lagwiyann dékolé”, il n’était plus d’accord avec le collectif. Ce n’est pas une grande perte d’après moi, mais c’est un signe.

 Le pôle économique est parti, composé de commerçants et d’employeurs, ils perdent trop d’argent.

 Les peuples autochtones sont partis aussi, le collectif et la région ne les ont pas respecté d’après eux (les terres devant être attribuées aux amérindiens veulent être récupérées par la région et le collectif n’a pas su réagir apparemment).

 Éricka Bareigts a envoyé hier une proposition d’accord au collectif Pou Lagwiyann dékolé. Celui-ci promet une réponse “dans les meilleurs délais”.

Jeudi 20 avril :
Les barrages sont maintenus. Le collectif Pou Lagwiyann Dékolé a expliqué que le protocole d’accord proposé par le gouvernement n’était pas encore totalement satisfaisant bien qu’il y ait eu des « avancées significatives ».
Le collectif appelle à une journée ville morte aujourd’hui « pour clore le mouvement ». Aucun poids lourd ne pourra passer les barrages. La population est invitée à se rassembler à la place des Palmistes à Cayenne à partir de 20 h 00.
Les barrages seront levés et le mouvement s’arrêtera dès la signature du dernier protocole proposé par le gouvernement.
Le préfet a appelé à la « mise en œuvre de l’accord » proposé par le gouvernement.
Sur la question des poursuites judiciaires concernant les manifestants sur les barrages, le préfet a déclaré ne pas être « hostile » à ce que les plaintes n’aboutissent pas.
C’est aussi une journée d’action dans les communes de l’intérieur, les communes du fleuve Maroni. Ces communes se sentent flouées, on les a oubliées, au niveau du gouvernement mais aussi au niveau des collectifs. Les collectifs représentant l’intérieur ont eu beaucoup de mal à faire entendre leurs revendications bien spécifiques, les gens du littoral n’ayant aucune idée de comment on vit à l’intérieur du pays.

Apparemment, le mouvement se termine, il va s’arrêter d’un moment à l’autre.
Certaines personnes à l’intérieur des collectifs ont tout fait pour empêcher une radicalisation du mouvement et ils y sont arrivés.
Et de toutes façons, un mouvement où on accepte le MEDEF et les élus, a toutes les chances de ne pas aller bien loin.
Mais la plupart des guyanais, assez novices en matière de lutte à première vue, y croyaient. Et il s’en est fallu de peu à certains moments…
Beaucoup aussi ne savaient pas trop où ils allaient, ils voulaient un changement mais n’en connaissaient pas forcément le prix.
J’ai peur qu’à partir de maintenant ce soit un peu chacun pour soi, pour essayer d’avoir une part du gâteau, une part des miettes que le gouvernement a bien voulu nous donner.
Les réunions avec la CTG (Collectivité Teritoriale de Guyane) ont déjà commencé, chapeautées par le collectif Pou Lagwiyann Dékolé, mais d’après nos délégués à ces réunions, ils oublient un peu l’intérieur. Et dans beaucoup de domaines, c’est la CTG qui distribuera l’argent.
Dans une région où la corruption fait loi…
Mais ce qu’on a vécu dans tous les coins de Guyane pendant plus d’un mois valait vraiment le coup d’être vécu et certaines personnes ont commencé à prendre conscience, à se “conscientiser”, comme dirait Paolo Freire, et c’est déjà ça !

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