Le marteau sans maître ; trajectoire de casseurs

Publié le 15 octobre 2016

Texte paru dans le livre du collectif Mauvaise Troupe Constellations en 2013. A l’heure d’un bilan de la mobilisation contre la loi travail, ses affrontements et ses vitrines brisées, regardons un peu dans le rétroviseur afin de tirer certains bilans du passé.

Je vois ici les hommes les plus forts et les plus intelligents que j’ai jamais vus ; je vois tout ce potentiel ; et je le vois gâché. Je vois une génération entière qui travaille à des pompes à essence, qui fait le service dans des restos, ou qui est esclave d’un petit chef dans un bureau. La pub nous fait courir après des voitures ou des fringues, on fait des boulots qu’on déteste pour se payer des merdes qui ne servent à rien. On est les enfants oubliés de l’Histoire mes amis, on n’a pas de but ni de vraies places, on n’a pas de Grande Guerre, pas de Grande Dépression. Notre grande guerre est spirituelle, notre grande dépression c’est nos vies. La télévision nous a appris à croire qu’un jour on serait tous millionnaires, des dieux du cinéma ou des rockstars, mais c’est faux et nous apprenons lentement cette vérité : on en a vraiment, vraiment plein le cul…
Fight Club

Antipub

Notre histoire commence au début des années 2000, à l’époque où la publicité devient une cible consensuelle de la critique politique. « Dévoreuse d’espaces visuels », « lobotomisante », des publicitaires prétendument repentis comme Frédéric Beigbeder la dénigrent à la télé, des associations comme « Casseurs de pub [1] » ou « Paysages de France [2] » la poursuivent devant les tribunaux. Dans ce climat, de petits groupes se forment, déterminés à étendre la traque sur les bords de nationales, dans les rues ou les transports en commun. Nous fûmes de cela.
Nous n’aimions pas la politique telle qu’on nous la présentait. Ni celle du gouvernement, ni celle qui sempiternellement le conteste. L’antipub nous permit de découvrir en toute insouciance les joies de l’action directe. C’était enfin une manière d’agir, de changer les choses, entre nous et à notre manière. Dans notre petite bande, nous décidions nous-mêmes de ce que nous allions faire et de comment le faire, simplement encouragés par les traces que d’autres, un peu plus loin, avaient laissées.
Les premières questions qui se posèrent à nous furent d’ordre très pratique : comment arriver à l’aide d’une gaine électrique à fabriquer une mini-clef capable d’ouvrir les sucettes de pub vitrées ? Où intervenir sur le système électrique d’un immense 4X3 pour en bloquer le déroulement et l’éclairage ? Nous menions nos recherches, les inventions les plus performantes nous provenaient par le net ou le bouche-à-oreille. Les plus farfelues aussi, comme ce pochoir cylindrique s’adaptant sur le dessus des bombes de peinture et permettant théoriquement de taguer rapidement et à répétition une petite phrase.
Dans les premières années, le message était l’élément central de nos actions. Il s’agissait de détourner les slogans, bouger les mots, défier les publicitaires sur leur propre terrain. Parfois, il arrivait qu’une affiche subtilisée dans un abribus finisse, une fois détournée, replacée dans un autre abri, d’autres fois, qu’un simple mot rayé de peinture change radicalement un argument de vente en appel à mettre le feu à la ville.
À cette époque, le mouvement prenait de l’ampleur. En octobre 2003, cette tactique du barbouillage fut menée en « plein jour » dans le métro parisien sous la forme de mini manifs. Le 27 novembre, la troisième de ces initiatives, relayée par les grands quotidiens nationaux, reçut son comptant de CRS qui embarquèrent tout le monde et inculpèrent 62 personnes. Les actions et le procès qui s’ensuivirent (53 relaxes et 9 amendes pour les inculpés ayant opté pour des défenses politiques) firent un peu de bruit et ouvrirent un débat très large sur la présence publicitaire dans l’espace public (à tel point que la RATP estima qu’il était bon pour son image de laisser de grands espaces blancs à la station « Liberté » pour « favoriser la libre expression » des usagers).
Pour nous, cette popularisation du combat contre la pub donna pour longtemps un sens évident à toutes les agressions qui pouvaient être menées à son encontre. Un seuil avait été franchi, l’opinion publique était conscientisée. Parallèlement, sur le terrain, rien ne changeait ; pire, E. Leclerc se permit une campagne dont les affiches étaient cyniquement déjà taguées d’usine. L’antipub se laisserait-il tordre ainsi ? Nous n’avons pas tardé à comprendre qu’en matière de détournement et de récupération, nous aurions toujours plusieurs millions d’euros de retard. Avec toute l’énergie capturée par le procès de Paris et ses actions de soutien, plusieurs doutes commençaient à se répandre. Pour preuve, les débats qui ont alors traversé le groupe que nous formions : les actions publiques dans le métro parisien avaient-elles été si judicieuses ? Était-ce une bonne idée de se laisser arrêter si docilement tous ensemble ? Est-il possible de combattre « sur le fond du message » un milieu où le cynisme est porté au rang d’art de vivre ? Et puis avec les discours moralisants pour le développement durable et autres économies d’énergies, désormais promus jusque dans la communication gouvernementale, le caractère subversif du discours anti-consommation se trouvait également quelque peu édulcoré.

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Black blocs

C’est à ce moment que le dommage économique comme mode d’action nous apparut être une évolution logique. Et nous n’étions pas les seuls ! Preuve en fut la vague de sabotages et de décolonisation sauvage de la publicité qui a traversé la France à cette époque-là. Puisqu’ils ne comprennent pas, il va falloir qu’ils casquent ! Cela ne voulait pas dire que tout humour ou toute expression avaient été abandonnés, bien au contraire. On a pu voir, par exemple, dans une vidéo réalisée alors, une dénommée « bande à Jésus » – des casseurs de pub au sens littéral du terme – qui accompagnait ses spectaculaires méfaits de prêches humoristiques contre la consommation et les marchands du temple… Des prêches d’autant plus percutants qu’ils s’adossaient à des gestes, à des attaques, mises en scène mais bien réelles.
À ce moment-là on aurait bien aimé réduire en miettes la totalité des pubs de la ville voisine, mais il nous manquait le geste, la manière, on ne savait pas par quel bout commencer. Nous étions bien sortis un soir, vers les trois heures du matin, décidés à saccager toutes les sucettes contenant l’affiche d’une campagne particulièrement sexiste. Premier abribus, il y avait au moins trois guets dans les rues autour, les choses étaient bien pensées, mais… impossible, les coups de massettes malgré le bruit infernal ricochaient inexorablement sur le verre sécurit [3]. Suite à ce cuisant échec, calme plat pour nous tous pendant un bon moment, l’équipe de cette soirée-là eut beaucoup de mal à se remotiver.
Et puis notre département eut la « chance » d’accueillir dans sa sous-préfecture un sommet des ministres européens de l’immigration. Il faut dire que c’est une ville d’accueil, comme en témoigne la largesse avec laquelle elle hébergea le gouvernement français durant la Seconde Guerre mondiale. On se disait tous que face à une telle provocation il fallait que ça pète et méchamment, ambiance Néron. Ça ne pouvait pas être le rassemblement de protestation pépère que les organisations de gauche proposaient d’ailleurs du bout des lèvres. On est parti à cette manif comme pour une rando, en réfléchissant dix fois à ce qu’on mettait dans notre sac. Les journaux locaux annonçaient un dispositif policier impressionnant, avec possiblement des barrages et des contrôles sur les routes. Au final, nous nous sommes surtout équipés pour ne pas être reconnaissables : plusieurs sweats, écharpes et bonnets, quelques trucs contre les lacrymos et puis quand même une bonne grosse boîte de boulons de 22 qu’on s’imaginait jeter sur les flics. Avec tout ça dans le coffre, une certaine paranoïa a envahi la voiture : on s’est garé vraiment loin du centre, et ça nous a peut-être bien pris une heure pour rejoindre le départ du cortège. Dans les rues commerçantes, en arrivant, on sentait une énorme tension, on croisait plein de mecs un peu louches, en sweat noir, qui s’esquivaient devant les patrouilles de flics, on en a même vu qui planquaient des sacs dans des halls d’immeubles.
La manifestation s’est ébranlée à la tombée de la nuit, totalement silencieuse. Certains tentaient de chanter mais ça ne prenait pas, pas de joie, pas de sociabilité, derrière des masques faits d’assiettes en carton beaucoup semblaient attendre. Impossible de distinguer si c’était de la colère ou de la concentration, mais ce sentiment courait dans tout le cortège. Et nous, on était les bras ballants, on se disait : « merde, ça peut pas se passer comme ça tranquille, qu’est ce qu’on fait… Faudrait cramer une voiture ou casser une vitre… » Mais aucun de nous ne savait comment faire, ni surtout quand le faire pour ne pas se faire attraper.
Face aux grilles anti-émeute qui protégeaient la « zone rouge », un groupe qui avait visiblement prévu le coup est parti à l’assaut des grilles métalliques fixées sur les camions de bleus qui bloquaient la rue. Il ne s’est pas écoulé deux secondes avant que les lacrymos se mettent à pleuvoir. On était surpris. Dans notre sac collectif chacun cherchait son bonnet ou son sérum physiologique, à demi aveugle avec les yeux qui brûlent et en toussant comme des vieux chiens. La boîte de boulons est tombée au moment où, sous une première charge, toute la foule a reflué en nous marchant dessus. À la première escarmouche une bonne partie du matos au caniveau et deux copains de perdus (on apprendra plus tard qu’ils avaient pris une autre rue pour esquiver la police), nous n’étions pas fiers. À côté de nous on sentait par contre que d’autres maîtrisaient mieux leur sujet, ils sortaient de leurs sacs à dos des dizaines de fumigènes SNCF qu’ils utilisaient pour incendier des voitures. D’autres cassaient systématiquement les vitrines, alors que d’autres encore mettaient des autos en travers du chemin des CRS. Munis de masques à gaz, de gants et de lunettes de plongée, certains cassaient les bords de trottoirs avec des masses pour nous fournir en projectiles. Enfin, après plusieurs heures de charges policières, tout ce matériel, devenu preuves potentielles, disparut dans des flammes ou au fin fond d’endroits inaccessibles. Avec nos résidus de camouflage et nos sweats noirs, on ne s’est rendu compte qu’après coup qu’on avait donné vie, ce soir-là et avec les autres, à un black bloc. Nous avons aussi compris que l’affrontement avec la police tout comme l’antipub s’apprenait et s’expérimentait. La prochaine fois nous serons plus actifs. Nous prendrons notre part. Car c’est toute la richesse, dans le ou les black blocs : les présences collectives et individuelles sont diverses et variées en restant quand même unies autour des mêmes pratiques. Semblablement à l’antipub, une multiplicité de bandes et d’électrons libres parviennent alors sans forcément tous se connaître, à s’accorder au diapason de l’action, s’unifiant en préservant leur diversité. Et elles découvrent alors comme il est grisant d’agir au-delà de ce dont on se croyait capable. Pour relativiser cette vision idyllique de coprésence qui se trouverait spontanément dans la rue, on peut quand même noter que les offensives de ce type ne sont jamais si réussies que lorsque les groupes ont pu se coordonner un minimum au préalable.

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Tout pour le conflit

Exaltés par ce genre d’expérience, nous brandissons le conflit et la bagarre comme seuls étendards, claironnant en tous lieux que c’est bel et bien une guerre qui se mène, une guerre qui nous est faite, et à laquelle on assume de prendre part. Le désir d’être partout prend alors corps, aucun terrain ne devant être abandonné à la « fausse contestation » qui, de fait, nie cette guerre qui nous donne vie. Toute manifestation doit devenir émeute. Toute conférence mollassonne finir en pugilat. Le « conflit pour le conflit », nous avons un temps assumé cette tautologie.
C’est que la frontière est ténue entre le moment où l’on manipule une tactique comme le black bloc et le moment où c’est celle-ci qui nous tient. Cette limite, nous l’avons allègrement franchie : la casse comme un réflexe, quand nous cassions des choses parce que nous savions comment les casser sans souci du contexte et des conséquences. Casseur comme une identité, quand nous fantasmions la possibilité d’une communauté avec d’autres casseurs, des cités ou des matchs de foot.

Cette fièvre nihiliste contient sans conteste du politique, mais où va-t-il ? Comment s’y rapporter et éviter qu’il ne tourne en rond ?

Cette fièvre nihiliste contient sans conteste du politique, mais où va-t-il ? Comment s’y rapporter et éviter qu’il ne tourne en rond ? D’une apparition à l’autre, la casse des black blocs n’a pas cet échelonnement sensé et prévisible, cette « escalade de la violence » qu’ont les conflits sociaux, quand ils ne rechignent pas à l’employer. C’est un débridement sauvage et versatile, hors de toute logique pour qui n’y prend pas part, et parfois même pour les participants. En témoignent les nombreuses incompréhensions qui ont suivi la manifestation de Poitiers en octobre 2010 [4].
Suite à cet épisode, nous nous sommes demandés si ce n’était pas aussi par paresse, ou par facilité que nous nous dispensions de rechercher des situations et des cibles plus précises, d’ordonner en quelque sorte nos attaques. Et puis bien souvent, même si au moment des faits nous nous attirions la sympathie de certains, nous subissions également l’opprobre de beaucoup, dont une bonne part n’était pourtant pas hostile a priori au durcissement des gestes que nous proposions. Nous nous sommes parfois retrouvés dans la situation paradoxale de provoquer par notre fougue la peur des affrontements, là où nous nous réjouissions tant de l’avoir nous-mêmes, à force de pratique, dépassée.
Un temps, quelques militants et gens de gauche se relayèrent pour nous mettre en garde contre cette « pente savonneuse menant inéluctablement au terrorisme », agrémentant leurs diatribes de longues admonestations sur les écueils de la lutte armée et brandissant le spectre d’Action Directe. La trouille lancinante qui motivait nos locuteurs suintait à tel point de chacune de leur phrase, qu’aucune d’entre elles ne pouvait nous convaincre. Ils nous incitaient plutôt dans notre voie, tant nous ne voulions pas leur ressembler.
Ce qui ne nous empêchait pas d’être lucides sur la part de peur indécrottable que nous conservions en nous. Peurs que nous avons le plus souvent (et quand c’était possible) tenté d’exprimer et de prendre en compte, pour éviter les plus lourdes erreurs et les plus dramatiques regrets. Mais que nous avons aussi nié, certains jours de fébrilité. Des heures où nous avancions bille en tête contre les autres et contre nous-mêmes pour avancer malgré tout, sacrifiant un peu de finesse pour sauver notre audace.
Mais au fil du temps, dans l’enchaînement de petites attaques répétées, de complicités qui s’étirent dans le secret sur des années, nous avons gagné une confiance et une maturité à même d’ébranler l’angoissante image de l’infaillibilité policière, à même de générer de nouvelles ambitions sur un terme long et serein et d’éviter de nous trouver dos au mur.

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Luttes offensives

Et puis on a vu réapparaître dans diverses luttes populaires l’usage d’une certaine détermination physique. Parallèlement, des habitués et sympathisants des black blocs se sont retrouvés à prendre en charge l’organisation de manifestations et de luttes au-delà des seuls épisodes de confrontation. Quand on passe du côté des organisateurs (mêmes informels), les questions changent. Il ne s’agit plus de subvertir et de détourner un événement, mais de faire progresser un combat commun avec toutes ses tensions internes. De ménager des moments de compromis et d’autres où taper du poing sur la table. Il faut parfois, souvent, enlever la cagoule pour composer avec d’autres. D’autres qui ne partagent pas nécessairement les mêmes modes d’action. Dans cette tension entre la volonté de ne plus « suivre » et la peur de tomber du côté des organisateurs politiciens, une puissance s’ouvre à nous. Car c’est lorsque le black bloc s’étend, lorsqu’on en retrouve quelques traces en chacun que l’on goûte à la joie de ne plus être une petite poignée noire dans une foule bigarrée. L’usage de la force, lorsqu’elle jouit d’un soutien populaire, change de visage : une mamie de 75 ans nous tend son cabas rempli de pierres dans le Val Susa, une manifestante lambda proclame le plus naturellement du monde, devant les caméras de France 3, que la meilleure solution pour empêcher la réalisation d’un aéroport à Notre-Dame-des-Landes c’est le sabotage (« ils posent un tractopelle, on détruit le tractopelle, et puis c’est tout »)… Évidemment, les assemblées hétéroclites ne sont pas toujours idylliques, les vieux réflexes et les identités rigides reviennent parfois au galop, que ce soit du côté de la non-violence idéologique ou de la casse systématique.
C’est un glissement pour nous que de passer de la recherche du point d’affrontement le plus haut, à celui le plus juste. Un glissement entre le groupe ou la bande (même en réseau) et la communauté de lutte (floue mais pourtant palpable). Faire partie d’une telle communauté, c’est rester après les affrontements, c’est montrer son visage lorsque c’est nécessaire, et donc partager autre chose que l’intensité d’un moment de combat. Prendre de la profondeur, peut-être… On perd certainement un peu du caractère spectaculaire et intraitable du black bloc, de son sécurisant anonymat aussi, mais on gagne la force des solidarités et des liens tissés au jour le jour et embarqués dans ces moments. Les enjeux dépassent la stratégie du coup d’éclat, et permettent d’envisager dans la durée ce que pourrait être une victoire.
Mais déjà une rafale de questions s’abat sur nous. N’assiste-t-on pas à la dissolution d’une énergie politique fulgurante qui a pris tant de temps à exploser ? Notre radicalité bornée n’était-elle pas un rempart efficace aux doutes paralysants ?

Alors parfois, l’envie de tout casser revient comme une piqûre de rappel qui nous vaccine de tout louvoiement politicien. Il est bien difficile de supporter la fadeur des réunions, des tractations, lorsque l’on vit pour des heures excessives. Et toujours le goût de l’action se joue des stratégies molles, nous emporte. Nous gardons l’espoir qu’au-delà de notre groupe, notre génération restera à fleur de peau, trop peu patiente pour se suffire de discussions et de protestations sages. Et qu’elle se rappellera encore souvent à ses origines… chaotiques.
P.-S.

Les illustration sont de Juan Miro, tirée du livre Le marteau sans maître, de René Char.
Notes

[1] Association qui promeut la création graphique et artistique basée sur la critique de la société de consommation et la promotion d’alternatives.

[2] Association luttant contre la pollution visuelle, notamment l’installation de panneaux publicitaires.

[3] Nous n’apprendrons que plus tard tout le profit que procure l’usage du « bidouillou », petite pièce en tungstène glissée dans une ficelle, permettant un travail aussi discret qu’efficace.

[4] L’appel dénonçait l’ouverture d’une nouvelle prison et invitait à se rassembler quelques jours avant le transfert des prisonniers. Le cortège prit logiquement la direction de l’ancienne taule encore en service, mais, à mi-chemin, fit demi-tour pour revenir au centre-ville, et finit par se disperser de manière chaotique après avoir cassé quelques boutiques dans les rues commerçantes. L’affaire fut montée en épingle par les médias et par Brice Hortefeux sur l’air du commando anarcho-autonome qui met la ville à sac.

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