[Barcelone] Expulsion de la Banque expropriée de Gracia, deux nuits d’émeute

Publié le 28 mai 2016 |
expulsions | Espagne | squats | émeutes

La Banc Expropriat était un local de banque désaffecté, occupé depuis 2011 et transformé depuis en centre social dans le quartier de Gracia. Son expulsion ces derniers jours a donné lieu à deux nuits de grandes émeutes. Nous recevons par mail le communiqué de la Banc Expropriat en français.

La Banque expropriée a finalement été expulsée, après 5 ans d’existence. Un appel tourne à présent à occuper 1000 autres banques.

Il a tout de même fallu plus de huit heures à la police pour parvenir à finaliser l’expulsion des occupant-e-s, qui avaient préparé force barricades et méthodes de ralentissement de la progression des flics au sein du local, ce qui a laissé le temps à des centaines, voire milliers de personnes de se rassembler dans les rues alentour.

Tous ces gens sont ensuite partis en manifestation dans les rues du quartier, avec des gens qui tapaient sur des casseroles en solidarité depuis les balcons et un hélicoptère de la police qui suivait les mouvements de la foule. Et la police a recommencé à charger très violemment plus tard, parce que la manifestation, revenue sur les lieux, avait entrepris de disquer les plaques métalliques qui fermaient la banque ; Des barricades sont montées avec des voitures pour ralentir les charges.

Voilà une vidéo (parmi d’autres) de la soirée :

Nous reviendrons à El Banc

Hier, 23 mai, ils ont expulsé El Banc Expropiat après plus de 160 jours de résistance (plus de 100 pendant la première campagne et 87 cette fois). La première fois la mairie s’était finalement décidé, à l’insu de tout le monde, de payer 65.000€ à Manuel Bravo Solano, propriétaire du local, pour éviter un autre Can Vies [1] avant les élections municipales, tout en défendant la “valeur sociale” de El Banc. Plus tard, ils ont reconnu qu’ils prétendaient préserver la paix sociale, cette paix qui pour eux signifie que les gens ne se plaignent pas, et parce qu’ils savaient que l’expulsion de El Banc impliquait toute sorte de réponses. C’est justement ceci qui est arrivé hier. Avant tout, nous voulons remercier la solidarité que nous avons reçu de part de tout le monde qui, de différentes manières, a défendu El Banc, et qui l’a fait pour ce projet mais aussi pour toutes les autres luttes qui existent de nos jours.

La rage qui a éclaté hier n’est pas seulement due à El Banc, elle est aussi le fruit de toutes les détentions qui ont eu lieu ces derniers temps, de tous les espaces qui ont été fouillés de fond en comble, de l’assassinat de Juan Andrés Benítez qui expose une fois encore l’impunité policière.
Nous comprenons qu’il y ait des voisins qui se trouvent gênés par la situation du quartier et les dommages physiques qu’ils ont souffert, mais comme nous avons dit maintes fois, nous défendrons El Banc de toutes les manières possibles.

Tout ceux qui ont vu la police charger peuvent constater la violence policière qui a eu lieu hier. Les coups de la police ont laissé environ 50 personnes blessées, avec des têtes, des genoux, des mains et des bras cassés, de tout. Ceci est une autre raison pour rester où on est et essayer de revenir a El Banc.

Nous reviendrons à El Banc

P.-S.

Voir le blog de Banc Expropriat (en catalan)

Notes

[1] Can Vies est un centre social du quartier de Sants, à Barcelone, et dont l’expulsion en 2014 avait donné lieu à cinq jours de très violentes émeutes dans toute la ville et à la reconquête par les manifestant-e-s de l’occupation.

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