Sabotages des TGV : vers un procès pour le groupe de Tarnac, dont Coupat

Le parquet de Paris a demandé jeudi le renvoi en correctionnelle de huit militants, dont Julien Coupat, dans le dossier du «groupe de Tarnac» sur des sabotages de lignes TGV en 2008.
07 Mai 2015, 12h56 | MAJ : 07 Mai 2015, 13h33

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Julien Coupat (ici en 2009 à sa sortie de prison) pourrait faire face à un procès en correctionnelle dans l’affaire des sabotages des lignes TGV en 2008. Il est accusé d’être le leader du «groupe de Tarnac». LP/SAMSON THOMAS

Automne 2008 : des crochets en béton sont installés sur des lignes TGV en Seine-et-Marne, dans l’Oise et dans l’Yonne. Débute alors l’affaire du «groupe de Tarnac», du nom du village de Corrèze dont est originaire l’un des suspects.

Après sept ans d’enquête, le parquet de Paris a demandé le renvoi en correctionnelle de huit militants, dont Julien Coupat, accusé d’être le leader du mouvement.

Si la juge antiterroriste chargée de l’affaire suit ces réquisitions, seuls trois d’entre eux seront jugés pour «association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste», a appris jeudi l’AFP de source judiciaire.

Jusqu’à dix ans de prison

Le «groupe de Tarnac», présenté comme proche de l’ultra-gauche, est soupçonné d’être à l’origine de sabotages de lignes SNCF dans la nuit du 7 au 8 novembre 2008 sur des caténaires. Julien Coupat, 40 ans, et son épouse, Yildune Levy, 31 ans, ont reconnu leur présence cette nuit-là à Dhuisy (Seine-et-Marne) aux abords de la voie ferrée où passe le TGV Est, mais ont toujours nié avoir participé à la pose d’un fer à béton, retrouvé plus tard sur le caténaire.

Tordu en forme de crochet, il avait causé d’importants dégâts matériels au premier TGV le 8 au matin, et fortement perturbé le trafic. Pour les agents SNCF interrogés par les enquêteurs, cet acte pouvait entraîner des dégâts matériels, sans menacer la sécurité des voyageurs. Le parquet a requis le renvoi du couple notamment pour «dégradations en réunion et association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste». Lors d’un procès, ils risqueraient jusqu’à dix ans de prison.

Un groupe qui a basculé «dans le terrorisme»

En revanche, le ministère public réclame l’abandon de l’incrimination de «direction ou organisation d’un groupement terroriste», initialement retenue contre Julien Coupat, qui a effectué un peu plus de six mois de détention provisoire jusqu’en mai 2009. Ce chef d’accusation, qui peut encore être retenu par le magistrat instructeur, pourrait lui valoir jusqu’à vingt ans de réclusion et un renvoi aux assises.

Souvent présenté comme brillant intellectuellement, ce fils de famille aisée est considéré comme le fondateur et inspirateur d’un groupe d’une vingtaine de jeunes aux idéaux d’extrême gauche, qui gravitaient autour d’une propriété agricole proche de Tarnac (Corrèze). Pour le parquet, l’enquête a mis en évidence le «basculement dans le terrorisme» du groupe, baptisé officieusement «comité invisible, sous-section du parti imaginaire».

Ils nient l’ensemble des faits

Les éléments de l’enquête ont mis au jour, selon le ministère public, «l’existence d’un plan concerté contre le réseau ferré». Outre les faits de Dhuisy, il impute à Julien Coupat une participation à un autre sabotage du TGV Est, dans la nuit du 25 au 26 octobre 2008 à Vigny (Moselle), également au moyen d’un fer à béton accroché au caténaire.

Il aurait été assisté par Gabrielle Hallez, 36 ans, son ex-compagne, dont le parquet a requis le renvoi pour dégradations en réunion et association de malfaiteurs terroriste. Tous deux ont reconnu leur présence à proximité (une heure de route) mais ont nié toute participation au sabotage. Les cinq autres personnes que le parquet voudrait voir jugées le seraient, si le magistrat instructeur suivait le réquisitoire, pour des faits bien moins graves, essentiellement liés à des faux documents et au refus de se soumettre à des prélèvements judiciaires.

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