Maroc. Libérez Wafae Charaf et Oussama Housne, emprisonnés pour avoir dénoncé la torture.

Posté par : Benoit Priem le 3 April 2015

Wafae Charaf, 22 ans et Oussama Housne, 27 ans ont osé porter plainte pour enlèvement et torture après leur participation à des manifestations pacifiques distinctes en 2014.
Ces deux militants ont été condamnés à respectivement 2 et 3 ans de prison pour dénonciation calomnieuse et diffamation à l’égard des forces de police marocaine, alors qu’aucun des deux n’avait accusé la police.
Wafae a été condamné à une peine de deux ans de prison et Oussama purge actuellement une peine de trois ans de prison. Amnesty Internationale les considère comme des prisonniers d’opinions et dénonce ces emprisonnements injustes.

ico-agissez-mail.gifhttp://info.amnesty.be/petition_17508_17945_maroc-liberez-wafae-charaf-et-oussama-housne.html?petitionOptin=yes&language=fr_BE

Leurs condamnations sont intervenues à la suite d’une déclaration du Ministre marocain de la Justice, le 11 juillet 2014, dans laquelle il a signalé que les autorités marocaines se sont engagées à empêcher la torture et à réaliser des enquêtes suite à des allégations de tortures, mais que les responsables de fausses accusations seront poursuivis en justice. La déclaration a suscité des protestations de la part d’associations marocaines défendant les droits humains. Elles dénoncent une tentative de dissuasion à l’égard des victimes qui voudraient porter plainte pour des actes de torture.

En janvier 2015, les autorités marocaines ont déposé une plainte contre l’ACAT-France (une organisation militant pour l’abolition de la torture partout dans le monde) pour diffamation, incitation aux faux témoignages, outrage aux agents publics et fausses déclarations de torture. L’ACAT-france a quant à elle porté plainte auprès des représentants marocains en France au nom des nombreuses victimes de torture marocaines dans le courant de l’année 2014.

Au lieu de réaliser des enquêtes efficaces sur les actes de torture dénoncés et de protéger les victimes et témoins concernés, les autorités marocaines ont décidé de poursuivre en justice Wafae, Oussama et l’ACAT-France. Les victimes et les témoins de la torture doivent être protégés contre les mesures d’intimidation, notamment les menaces de contre-accusations. Ils ont le droit de signaler les violations en toute sécurité aux autorités compétentes et de réclamer justice sans avoir peur des représailles.

Wafae et Oussama ne devraient pas être emprisonnés pour leur geste de dénonciation. Tous les deux doivent être libérés immédiatement et sans condition.

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