L’EXEMPLE EGYPTIEN

A bien écouter les manifestants égyptiens de la place Tahrir, opposés à leur Président Morsi, ils exigent son départ parce qu’il « n’a pas tenu ses promesses ».

On croit rêver : il y aurait donc sur cette planète, un peuple qui exigerait que les promesses de ses dirigeants soient tenues, au risque de les chasser comme des malpropres ? Mais où va-t-on ? Si l’on applique cette règle de manière générale, il n’y a plus un seul dirigeant sur la planète, si on la généralise à l’ensemble de la classe politique, celle-ci disparaît.

Certes, la situation égyptienne est complexe, comme d’ailleurs toutes les situations politiques, mais elle a le mérite de poser une question fondamentale, transversale dans l’espace et le temps politique : quel sens peut-on donner à ce que l’on appelle la légitimité ?

Le président Morsi était, au sens formel du terme, parfaitement légitime. Il s’est d’ailleurs revendiqué à juste titre de cette qualité. Pourtant cette qualité ne l’a pas protégé de la destitution. D’où, l’autre question, corollaire de la précédente : Existe-t-il une légitimité qui puisse contrer la précédente ? Ou, dit autrement : la contestation d’une personne légitime est-elle illégitime ?

Les adversaires et tombeurs de Morsi ne se sont d’ailleurs pas gênés pour donner des exemples historiques de dictateurs ayant accédé légalement au pouvoir donc légitimes et qui se sont avérés être des individus peu fréquentables et dangereux.

Ce problème de légitimité pose, et pour tous les peuples et toutes les époques, la question fondamentale de la nomination populaire des dirigeant autrement dit de l’exercice de la démocratie. Toutes les expériences nous montrent et l’Egypte nous le rappelle que le système électoral classique tant vanté, et pour cause, par les politiciens, est lourd de dérives, de manipulations et d’issues tragiques.

L’expression électorale populaire n’est-elle donc pas pure ? Elle est en fait le produit de manipulation venant de groupes les partis qui l’utilisent à des fins d’accession au pouvoir en vue de satisfaire des intérêts claniques. Le résultat ne peut-être que faussé et dans la plupart des cas ne correspond absolument pas aux aspirations populaires.

Des exemples ?

Toute la morale officielle civique veut nous faire croire qu’il en est ainsi et qu’il ne peut pas en être autrement et que toute remise en question de cette procédure boiteuse et piégée est anti-démocratique.

L’expérience actuelle égyptienne met le doigt sur cette question que se gardent bien de relever les politiciens. C’est pourtant un des aspects les plus intéressants de ces évènements.

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